Reflexions du greffier sur le contrat et la bioéthique
Par Laurence CANIONI-PUXEDDU le lundi 4 juin 2007, 20:59 - Lien permanent
1ère étape:communiquer
Le droit inventé pour protéger les sociétés contre elles-mêmes est désormais établi sur l’égalité. La Société qui est un ensemble de faits est ballottée par l’inégalité. Il existe entre le fait et le droit une tension où seul l’équilibre et la mesure doivent veiller à la bonne marche démocratique d’une collectivité.
Le groupe est en perpétuel mouvement, la loi instrument du droit doit-elle s’opposer à ce mouvement, le conduire, le canaliser ou se laisser mener ?
Toute la difficulté du problème posé par la Science et le Droit vient que sous un même vocabulaire, les mots ne véhiculent pas le même sens.
Si l’on suit le schéma sociétal des sphères invoqué par Balzac, on s’aperçoit que trois sphères sont en présence : la sphère médicale, la sphère juridique et la sphère sociale.
Leurs origines communes sont sujettes à conflits, et ce n’est que par la communication que les grandes questions qui agitent ce début de millénaire pourront se résoudre. Un sentiment d’isolement m’envahissait chaque fois que je ressortais d’un colloque afférent à ces thèmes, il me semblait avoir entendu divers langages et dialectiques totalement parallèles mais ne répondant pas aux questions pratiques et essentielles.
Le premier des droits fondamentaux attachés à l’homme est la liberté d’expression, le droit et le devoir de dispenser aux autres ce qui paraît juste. Or, paradoxalement à l’ère des échanges, on parle beaucoup mais la compréhension reste vague.
Pour débattre du génome il faudrait être médecin, pour deviser de droit il faudrait être juriste mais pour disserter sur ce qui est fondamental il faudrait être philosophe.
Pour communiquer, il faut un langage qui soit admis et reçu par tous. La communication n’est pas qu’un simple mécanisme de transmission d’information. Quand ils communiquent, émetteur et récepteur sont influencés par leurs préoccupations, leur vécu personnel, leurs habitudes qui modifient la façon d’émettre ou de comprendre le message.
Ainsi la notion de consentement élément essentiel dans les relations délicates qui entourent le génome, n’est pas perçu de la même oreille par un médecin et par un juriste, parfois la distance qui sépare l’application théorique et l’application pratique révèle un long chemin de solitude.