Avant de m'engager sur la voie professionnelle principale, je passais l'année de ma licence au service du contentieux de la banque.J'étais montée engrade et installée dans le bureau du chef d'étage.Cette dame charmante au demeurant affirmait son rôle de chef en corrigeant systématiquement les lettres rédigées même si celles-ci étaient des lettres types. L'étage était composé de trois bureaux, celui du chef, celui des rédacteurs et celui de la secrétaire. Christine puisque tel était son prénom, était très réservée , mais très vite nous avons sympathisé.En fait elle me livra son secret, elle habitait un bel appartement boulevard Saint-Germain et son père était un huissier célèbre.Fille unique elle n'avait pas beasoin de travailler mais elle aimait être à son poste et se sentait plus indépendante.Toutes deux passionnées de littérature nous avions en commun outre Victor Hugo, et les romantiques une attirance pour la science fiction.Les ouvrages de Van Vogt et la philosophie non A nous menaient parfois très loin.Nous avions avant Matrix tenu une discussion serrée sur l'existence de la petite cuillère. A la cantine nous nous retrouvions et le soir parès le travail nous prenions souvent un verre attablée à un petit café de saint germain,ou au café de Flore où les fant^mes de ceux qui s'y étaient assis exitaient nos délires philosophiques,puis elle rentait chez elle et moi j'allais en bilbliothèque où reprenais mon RER. Au bout d'un mois de travail, je vis une délégation de rédacteur m'inviter dans leur bureau.je m'y rendis donc et ,on me fit alors comprendre que j'avais une licence en droit et que par conséquent je devais manger avec le groupe des diplomés et non avec une secrétaire. Les bras m'en tombèrent et je fis leur remarquer que je serai ravie qu'ils se joignassent à notre table.Je maintenais donc mes habitudes et fus mise au ban . Les gens d'en haut passaientt hautains devant notre table.Je ne comprenais d'autant moins ces remarques que le 2ème étage contentieux où se trouvaiant les cadres juridiques tenait Christine en grande estime. Je n'ai plus revu Christine.Mon père qui travailla à la baque apèrs sa retraite SNCF me donnait parfois de ses nouvelles.La vie écartèle souvent nos souvenirs les étirant dans l'infini du temps.Parfois ils reviennent brutalement tel un caoutchouc qui claque à notre mémoire et mille questions explosent: qu'est-elle devenue ? pourquoi n'ai-je pas téléphoner? Si si si. Merci Christine de ces bons moments, de ces bulles d'enthousiasmes dans un monde du travail parfois très terre à terre où les seuls écrits commentés avec véhémence sont les bulletins de salaires.Merci de m'avoir fait partager cette mésalliance tellement plus fée bleue belle que toutes ces médisances.

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